Où vas-tu Margot ? – Sève Maël

 

Hier soir j’ai eu envie de lire un peu d’érotisme avant d’aller me coucher, ce sont des choses qui arrivent. Je me suis rappelée de ce livre que j’avais acheté dans une commande France loisirs datant déjà pas mal et je me suis dit qu’il était temps que je le lise. C’était le genre de lecture que j’avais envie de faire pour m’en débarrasser plus que par curiosité. Je ne me rappelais plus pourquoi il m’avait intéressée, en lisant la quatrième ça ne me tentait pas franchement des masses.

 

 

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Quelle est cette chambre qu’elle ne reconnaît pas ? Ce lit dans le quel elle est attachée ? Et qui est cette femme violente qui a pris possession de son corps ?
Obsédée par une souffrance dont elle ne trouve pas l’origine, Margot est internée depuis trois mois sans garder le moindre souvenir de ce qui lui est arrivé.
Petit à petit, grâce à l’aide du docteur Lanar, psychologue, Margot se remémore la libido totalement libérée de son mari, qui l’a poussé à la découverte de plaisirs interdits…
Envahie par des flashes d’une sexualité débridée, elle ne sait pas si elle est cette femme perverse qui la hante.

Roman érotique haletant, Où vas-tu Margot ? nous entraîne dans les tourments d’un couple dominé par la puissance du sexe.

 

♣ Ma lecture ♣

► Je vais commencer par dire ouvertement à France Loisirs que je ne les remercie pas d’avoir modifié de cette manière la quatrième, ALERTE GROS MENSONGE. Je l’ai retrouvée totalement différente sur l’édition d’origine des Editions Blanche (disponible sur Livraddict). Pour cause, cette quatrième nous promet de l’érotisme, de la chaleur, de l’excitation en somme, et on réalise finalement que c’est un polar un peu trash. Grosse déception donc, puisque je n’ai pas du tout eu l’effet escompté.

L’écriture est assez grossière dans tous les sens du terme. Non seulement le vocabulaire peut être franchement cru et déplacé parfois mais en plus les tournures de phrases sont sèches. Margot s’exprime à la première personne comme si elle nous parlait en face et cela donne des phrases souvent courtes avec mille interrogations et des absences de négations correctes (pas de « ne » avant le « pas » par exemple). Ce n’est pas vraiment ce que j’apprécie dans la lecture. Toutefois cela reste cohérent avec le personnage et l’univers.

On est donc sur un policier. L’intrigue complète du livre va reposer sur le fait que Margot doit retrouver la mémoire et que plus on avance plus le récit nous fait mijoter en nous promettant une révélation énorme. Je vais être honnête j’ai un peu sentit les choses arriver, pas à dix kilomètres, mais quelques pages avant chaque retournement de situation. Pour autant, l’intrigue se tient, suffisamment pour attiser ma curiosité et m’avoir fait lire ce livre d’un traite. (Bon j’avais aussi envie de m’en débarrasser).

► Au milieu des flash back nous avons les passages de questionnements ou de folie de Margot tantôt suicidaire, tantôt violente, tantôt futile. J’ai vite commencé à me focaliser sur la grande révélation promise de l’intrigue et j’ai commencé à sauter les lignes entre les flash back. Dès le milieu du roman je lisais ces passages là en diagonale, l’auteur avait tendance à se répéter un peu. Oui se souvenir est dur, oui les souvenirs font mal, oui c’est le principe d’une amnésie de ce genre tout ça tout ça.

► C’est un bon point même si on ne dirait pas : J’ai franchement souffert de ma lecture. Si l’auteur se répète sur le côté douloureux des souvenirs et de ce qu’il s’est passé, ce n’est pas franchement infondé. Au fil de ma lecture certains flash back et passages m’ont pas mal retournée. Le genre de paragraphes, de réactions de personnages, d’échanges violents qui vous coincent l’estomac et vous filent la nausée.

♣ En détails ♣

Ceci est un spoil, sur un polar c'est un peu con de savoir la fin non ? Alors n'ouvrez pas si vous ne l'avez pas lu !
► J’ai compris que la lecture n’était pas le genre attendu lorsque j’ai trouvé le démarrage très long et surtout lorsque nous avons eu la première « révélation ». L’homosexualité de Loïc m’a totalement refroidie, le yaoï c’est pas mon truc. Mais ce n’est pas là le problème. J’ai détesté la vision des choses de Margot. Au lieu de réagir à la tromperie, elle se met en tête de vouloir « guérir » son époux de ce mal qui le ronge et qui l’empêche d’être comblé sexuellement parlant uniquement par elle, sa femme. Comment vous dire, le délire chrétien sur le côté diabolique des sodomites, ça me donne des envies de meurtre. C’est en partie pour ce point de vue là que ma lecture a été très compliquée et même douloureuse. Toute l’intrigue est menée à son terme à cause de l’obsession de Margot de changer la sexualité de son mari. Et la conclusion ne la met pas en cause, non, elle passe pour un martyr ! Ok elle a vécu des trucs difficiles, mais son époux semble le seul fautif dans la dégringolade de leur couple à cause de ses penchants immoraux alors que non, elle y est aussi pour quelque chose. Au secours !!

► En fait le personnage de Margot a la tête bourrée de clichés, de préjugés religieux et a oublié là dedans le principe de tolérance. Au delà de son besoin obsessionnel de corriger son pêcheur de mari, certains passages m’ont franchement dépitée comme celui où elle se demande comment des obèses font pour faire l’amour. On sent vraiment dans le fil de sa pensée qu’elle les méprise totalement elle qui est si belle fine et parfaite si on oublie qu’elle est internée.

► Le changement de comportement de Loïc sur la fin m’a franchement retournée. J’ai été atterrée de le voir réagir comme ça, moi qui avais commencé à l’apprécier, à m’attacher à lui en compatissant pour la réaction complètement débile de sa femme. J’étais triste pour lui en voyant que l’enfant tant attendu n’était pas comme escompté, j’aurais compris un rejet, je comprenais la réaction protectrice de Margot surtout en ayant pensé que ce bébé était la clé pour sauver son couple. Mais le dernier flash back m’a totalement sidérée. La violence de Loïc envers Margot, juste après avoir étouffé le bébé c’était franchement malsain pour ne pas dire dégueulasse. Bien joué le bouquin, j’étais plus du tout compatissante sur les derniers chapitres.

C’est con, parce que sur le papier la relation de couple avait tout pour faire une bonne base d’érotisme. Certains passages décrivant les débuts de leur relation et la manière dont Loïc a fait découvrir son corps à Margot ont eu un fort potentiel émoustillant sur ma petite personne. Tout comme la nature très volontaire, directive et protectrice de Loïc.

 

♣ Pour conclure ♣

Si vous cherchiez comme moi une littérature érotique détente rebroussez chemin.
En revanche si vous avez choisi ce livre sur le genre « policier » qui vous tord les boyaux et vous fait grincer les dents, vous êtes au bon endroit. Ce roman est particulièrement dérangeant et je n’avais pas vécu ce genre de lecture depuis un moment.
Je ne sais pas si j’ai aimé ou détesté ce livre, je l’ai mal vécu.

Où vas-tu Margot c’est la quête de souvenirs d’une femme internée après des événements tragiques et douloureux, un récit difficile à assimiler, un livre que l’on referme avec une grimace et la sensation de ne plus trop savoir pourquoi on y est entré.

3 thoughts on “Où vas-tu Margot ? – Sève Maël

  1.  » et on réalise finalement que c’est un polar un peu trash.  » Comment finalement attiser ma curiosité. Mais tu me connais, les trucs un peu tordus et trash, c’est ce qui m’attire en général.
    Du coup, je suis intriguée par ce bouquin suite à ton article !
    Des bisous ! (oui bon ça fait très niais après un commentaire et un article de ce genre.)

    1. Je me disais bien que ça allait te tenter ! J’aurais dû le lire un peu plus tôt histoire de le glisser dans le colis que je t’ai envoyé !

  2. J’avoue que c’est toujours un peu embêtant les 4eme de couverture qui disent n’importe quoi juste pour faire acheter … Je suis persuadée que plein de personne se sont faites avoir de la même manière que toi …

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