La Perle et la Coquille – Nadia Hashimi

 

Encore une jolie perle (haha) que j’ai trouvée en flânant dans la petite librairie de La Marsa ! Comme toute consommatrice attirée par les trucs jolis, j’ai d’abord été happée par la superbe couverture découpée de l’édition de chez Milady (image du dessous, la couverture est doublée avec la porte découpée). La quatrième, ensuite, me parlait d’une culture que je connais peu, voire mal, et du combat des femmes d’hier et d’aujourd’hui. Il n’en fallait pas plus pour me faire craquer.

 

Kaboul, 2007. Les talibans font la loi. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Rahiman’a pas de frère et son père est malade. Ses soeurs et elles ne peuvent donc en aucun cas quitter la maison – encore moins pour aller à l’école. Leur seul espoir réside dans la tradition des basha posh, qui les autorise à travestir la fillette jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Avec ses cheveux courts, vêtue comme un garçon, Rahima jouit alors d’une liberté qui va la transformer à jamais, comme son ancêtre Shekiba, un siècle plus tôt. Les destinées de ces eux femmes se font écho, et constituent un vibrant témoignage sur la condition féminine en Afghanistan.

 

♣ Ma lecture ♣

475 pages dévorées. Si le style, la plume, ne m’ont pas particulièrement marquée, j’ai apprécié l’alternance de narration. Nous suivons le récit de Rahima, à la première personne, et celui de Shekiba, à la troisième personne. L’histoire de Shekiba nous est amenée astucieusement sous les traits d’une histoire racontée par la tante de Rahima. Chaque fois que cette dernière continue son récit aurpès de sa nièce, nous changeons de chapitre et passons à la troisième personne, comme si l’histoire nous était contée à nous, directement. J’ai beaucoup apprécié cette manière d’écrire et d’entremêler les deux récits, séparés d’un siècle, différents et semblables à la fois.
Du coup, on ne cesse de tourner les pages, pour en savoir plus non pas sur une, mais deux

histoires.

Nadia Hashimi ne nous ménage pas. Les personnages sont inventés, le récit est une fiction, mais l’on n’oublie pas pour autant que les éléments reposent sur une réalité. D’autant que la plume de Nadia Hashimi nous induit parfois à penser que l’histoire est réelle, avec une partie du roman à la première personne.
C’est autant de claque supplémentaires que l’on prend dans la tête… Certains, si ce n’est même tous les passages, sont durs. La vie est dure. La condition des femmes est dure, tragique, injuste, cruelle.

Attristée, révoltée. Je n’ai pas pu me concentrer sur la fiction, je n’ai fait que penser à toutes ces femmes qui ont vécu, vivent, et vivront de pareilles situations, vies et malheurs. Il y a de l’espoir, et il y a des notes plus douces, mais en refermant le livre – que j’ai eu du mal à digérer – j’avais juste envie de hurler.
Comment est-ce possible ? Comment cette manière de vivre peut-elle continuer ? Quel courage ont ces femmes, qui existent bel et bien derrière la fiction, et qui endurent sans mot dire, ou se battent contre un ouragan tellement plus grand qu’elle, pour faire changer les choses !

♣ Pour conclure ♣

Amer.

Deux récits qui s’entremêlent, deux vies fictives qui en représentent tellement, bien réelles. Un roman qui vous bouleverse, vous indigne, vous attriste, vous rebelle.

Si ce genre de récit vous intrigue, vous intéresse, alors je ne peux que vous le conseiller. Toutefois, accrochez bien votre petit coeur avant.

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